Formation en Direction Littéraire : carnet de bord # 3

Nolwenn Assollant est directrice littéraire, scénariste, auteure, script-doctor et, accessoirement, détentrice d’un DEA de Paléontologie humaine et Archéologie, mention TB et major de promo au Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris ! Mais c’est avant tout en tant que coach qu’elle est intervenue sur deux jours au CEEA pour nous parler des fondamentaux du management et de la gestion de conflits ; ou comment apprendre plein de choses sur la façon dont on interagit avec les autres.

 

Les méthodes de management s’appliquent à de nombreux domaines professionnels et la Direction Littéraire ne fait pas exception, bien au contraire. En effet, en freelance ou employé au sein d’une structure de production, le Directeur Littéraire est amené à échanger et collaborer avec une myriade d’intervenants, qu’ils soient auteurs, directeurs de production, créateurs de séries, éditeurs, ayants-droits, diffuseurs, réalisateurs, voir-même comédiens ou agents, chacun ayant des objectifs différents. Ils peuvent en effet, en fonction de leur position, chercher à créer une œuvre de qualité, protéger une vision d’auteur, faire passer un message mais également obtenir la satisfaction du client, être rentable, renouveler leur catalogue ou encore cibler une forte audience en salle et lors de la diffusion en prime-time sur la chaine.

Le Directeur Littéraire doit donc impérativement réussir à œuvrer efficacement dans un cadre au contours mouvants. Dans cette optique, il lui est nécessaire de bien visualiser les objectifs, les intentions et le pouvoir de décision de chaque partie. Une fois ces éléments bien définis, il peut alors mettre en place un « management situationnel ».

LE MANAGEMENT SITUATIONNEL

Idéalement, le management situationnel combine l’objectif et le process d’un projet, tout en s’évertuant à en conserver l’humanité. Le but de l’opération est donc de le mener à bien en remplissant les objectifs affichés, tout en permettant à tous les acteurs de participer, d’être proactifs et donc de s’épanouir. Le processus peut prendre du temps mais se déroule toujours en 4 étapes, 4 « postures » que le manager tient alternativement, en essayant d’en tirer le meilleur profit et à en éviter les pièges inhérents :

  1. LA POSTURE DIRECTIVE

Elle fixe le cadre, les règles du « jeu » et celles du « hors-jeu » que les participants vont devoir suivre.  Le directeur littéraire (dans le cas qui nous intéresse) dicte ce qu’il faut faire, qui doit le faire et comment le faire. Une posture d’autorité qui rassure mais qui peut également tendre vers une « dictature » si on n’y prend pas garde. Elle reste néanmoins indispensable car, comme l’a dit Frédéric Dard, « tout objectif flou conduit irrémédiablement à une connerie précise »

  1. LA POSTURE PERSUASIVE

Elle invite au partage, à la participation, à la co-construction afin de permettre à chacun de trouver le moyen d’accomplir les objectifs fixés. Elle demande donc beaucoup de discussion pour susciter l’adhésion de tous ou, du moins, du plus grand nombre le risque étant, si le cadre de la posture directive n’est pas bien posé, de créer de l’insatisfaction chronique chez les participants.

  1. LA POSTURE PARTICIPATIVE

Elle a pour but de créer de la dynamique dans un groupe, de l’animer. Ce management s’apparente alors à du coaching et se relève souvent très efficace si le Directeur Littéraire parvient à faire adhérer tout le monde (possible formation de « clans » des « pros » et des « anti »)

  1. LA POSTURE DELEGATIVE

Elle a pour unique rôle le contrôle des tâches en cours. Les participants, qui doivent allier savoir-faire et confiance en soi, œuvrent en totale autonomie et sont donc les uniques responsables des réussites, mais aussi des échecs. Est-il nécessaire de préciser que cette posture demande beaucoup de confiance envers ses collaborateurs ?

 

Comme indiqué précédemment, il est nécessaire d’effectuer la « quadrature du cercle » dans l’ordre, la délégation totale n’étant envisageable que si les étapes précédentes ont été respectées. A noter toutefois que l’étape 3 est la plus importante, celle qu’il faut viser à minima et on l’atteint en responsabilisant les personnes concernées.

De plus amples informations sur le management situationnel sont disponibles sur le net , ainsi que divers tests qui vous permettent de vous situer dans votre relation aux autres, en particulier celui de Gordon, sur l’assertivité (de l’anglais « to assert » : s’affirmer, défendre ses droits), ou encore le test des 16 personnalités.

 

Alors bons tests, bonne lecture et à bientôt pour un dernier Carnet de Bord (la formation au CEEA se termine très bientôt, le vendredi 9 mars) !

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