Formation en Direction Littéraire : carnet de bord # 1

En guise de cadeau de Noël, j’ai eu la chance de voir ma candidature pour la formation sur la « Direction Littéraire » acceptée par le CEEA, à Paris (Conservatoire Européen d’Ecriture Audiovisuelle). 17 jours de formation intensive pour une expérience unique que je souhaite partager avec vous. C’est parti pour le premier numéro !

La formation sur « la Direction Littéraire » démarre fort avec Pascale Rey en tant que première intervenante. Scénariste pour le cinéma et la télévision, romancière, Pascale Rey est également créatrice et présidente de DreamAgo, association internationale de cinéma basée en suisse et créée en 2005, dont l’objectif est de soutenir de l’écriture au tournage des œuvres cinématographiques de qualité. Stephen Frears, Guillermo Arriaga ou encore Ricardo Darin font partie des prestigieux parrains de l’association !

Qu’est-ce que la « direction littéraire » ?

Dans le cinéma et l’audiovisuel, la direction littéraire est l’équivalent français du script-doctoring, étant donné que le « DL » travaille souvent sur plusieurs projets en même temps, contrairement au script-doctor. Il est également, la plupart du temps, salarié d’une société de production ou, du moins, travaille très régulièrement avec les mêmes structures avec lesquelles il a noué une relation de confiance.

Il a pour mission principale de déceler le potentiel d’un projet encore non abouti. Il doit donc être capable de se départir de l’esprit critique négatif qu’il a éventuellement en lui, et adresser ses retours et propositions à l’auteur avec tact et précaution.

Sans entrer trop dans le détail du contenu de la formation, je vous propose un glossaire de termes et notions (re)vus pendant ces deux premiers jours et qu’il est essentiel de connaître, que vous soyez auteur, lecteur ou producteur :

protagoniste : personnage ayant le désir le + fort et les obstacles les + forts.

antogoniste : personnage qui est l’obstacle principal du protagoniste.

coprotagoniste : il a les mêmes objectifs que le protagoniste mais pas forcément les mêmes motivations.

– coantagoniste : je parie que vous avez deviné… Il a les mêmes objectifs que l’antagoniste mais pas forcément les mêmes motivations.

scène : Elle doit montrer un conflit ou une perspective de conflit, un obstacle sur la route d’un objectif. Elle peut être logistique (découpée en lieux) ou dramaturgique (unité d’action). Une scène dramaturgique peut donc être découpée en scènes logistiques (qu’on appelle également « séquences »).

objectif principal : ce que désire le plus le protagoniste.

obstacle : il peut être externe, interne, voir externe d’origine interne. Idéalement, il faut cumuler les conflits internes ET externes pour un même personnage.

question dramatique : mon protagoniste va-t-il atteindre son objectif ? Le film sera très différent en fonction de la réponse : « oui », « non » ou « préfère renoncer ».

incident déclencheur : Incident qui déclenche l’objectif. Il s’agit du 1er nœud dramatique.

climax : conflit/obstacle maximal juste avant de pouvoir répondre à la question dramatique. C’est le 2nd nœud dramatique, à la fin de l’acte 2.

climax médiant : il se déroule durant l’acte 2, avec changement d’objectif principal à la clé. Il n’est pas obligatoire.

1er acte : Il recueille tout ce qui doit être raconté avant que le spectateur n’ait conscience de l’objectif principal du protagoniste.

2ème acte : Ensemble des actions menées par le protagoniste pour atteindre ses objectifs.

3ème acte : c’est le moment de la résolution. Il laisse un espace pour la morale de l’histoire et agit comme un sas de décompression juste avant que les lumières ne se rallume. Il peut être très court. (Par exemple, dans « Thelma et Louise », il s’agit de l’image figée de la voiture au-dessus du vide)

exposition : Ensemble des informations que le spectateur doit connaitre pour comprendre l’histoire. Il s’agit souvent de ce qui s’est passé avant le début de l’intrigue. Ces informations doivent être saupoudrées tout au long de l’histoire.

Voici également une liste de films recommandés par Pascale Rey qui permettent d’analyser clairement les outils dramatiques :

– « Cyrano de Bergerac », de Jean-Paul Rappeneau.
– « Dangerous Liaisons », de Stephen Frears.
– « Fatal Attraction », d’Adrian Lyne.
– « La main sur le berceau », de Curtis Hanson.
– « Le dîner de cons », Francis Weber.
– « Le patient anglais », d’Anthony Minghella.
– « Les cerfs-volants de Kaboul », Marc Forster.
– « Muriel » (Muriel’s wedding), de P.J. Hogan.
– « Swimming with Sharks », de George Huang.
– « Thelma et Louise », de Ridley Scott.
– « Tootsie », de Sydney Pollack.
– « Valmont », de Milos Forman.

Voilà pour cette première session sur la direction littéraire, riche en échanges et découvertes! Rendez-vous la semaine prochaine pour la suite…

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