Lecture et Script-doctoring

A quoi ça sert ?

Auteurs, réalisateurs et producteurs exercent des métiers différents mais partagent finalement le même objectif : permettre à une œuvre écrite sous forme de continuité dialoguée (script) de voir le jour sur grand écran ou directement à la télévision et, si possible, d’y rencontrer son public. Mais les étapes pour y parvenir sont longues et difficiles. Presque autant que d’écrire un bon scénario

 

« L’écriture du scénario est la partie la plus difficile, la moins comprise et la moins remarquée » – Frank Capra – ça date, mais c’est toujours d’actualité…

 

En effet, si, pour le grand public, la chaine de création d’un film débute lorsque l’auteur inscrit le mot « FIN » sur la dernière page de son œuvre, seules les personnes ayant déjà eu à écrire une continuité dialoguée connaissent les obstacles à franchir pour aboutir à un récit bien écrit, empli de sens et vecteurs d’émotions (fortes).

Ainsi, très rares sont ceux capables de partir d’un pitch de deux lignes pour aboutir à un script de plus de cent pages sans demander, à aucun moment, l’avis, le conseil ou l’aide d’une personne extérieure rompue, elle aussi, aux techniques du récit. Les lecteurs et script-doctors existent donc pour aider les « autres » (c’est à dire 99% des scénaristes) à faire le point sur leur travail, en cibler les forces et les faiblesses, le ramener sur les bons rails et le remodeler si nécessaire pour, au final, faire mouche auprès des lecteurs puis des spectateurs.

 

« Si vous ne déconnez pas avec le scénario, habituellement tout se passe bien. » – Steven Soderbergh

 

Quelles différences entre lecture et script-doctoring ?

Pour les personnes qui débutent leur activité dans le domaine de l’écriture audiovisuelle, les notions de lecture et de script-doctoring ont tendance à se confondre. Pourtant, celles-ci sont différentes et, surtout, complémentaires.

La lecture de scénario s’adresse, la plupart du temps, aux distributeurs, diffuseurs (chaines TV) et grosses sociétés de production submergées de projets qui souhaitent obtenir un premier avis général sur les scripts reçus et ainsi sélectionner les films à développer pour leur public cible. Dans ces cas-là, le rôle du lecteur est primordial car, s’il n’est pas décisionnaire, son avis sert de premier filtre et influence forcément le choix final.

Le lecteur peut également, dans certains cas, examiner un script pour le compte d’un producteur délégué indépendant, désireux de déterminer les forces et les faiblesses d’un projet auquel il croit, agir en conséquence avec l’auteur et ainsi donner un maximum de chances au film de voir le jour. Une fois ces problèmes relevés, l’auteur peut se remettre au travail en tenant compte, ou non, des remarques formulées par le lecteur. Mais, parfois, les solutions peuvent être difficiles à trouver, surtout lorsque l’auteur travaille seul. Il peut alors pousser en amont sa collaboration avec le lecteur et lui demander des pistes concrètes de réécriture. On parle alors de script-doctoring.

En somme, au-delà des points forts du script, la lecture permet surtout d’en révéler les « symptômes » et, en conséquence, d’établir les « diagnostics ». Le script-doctoring, lui, tente d’y apporter des « prescriptions ».

Exemple :

Symptôme : « Le personnage principal pose problème. »

Diagnostic : « Il est effacé, manque de caractérisation, est trop passif et semble traverser le récit sans but précis. »

Prescriptions : « Pour y remédier, il serait sans doute nécessaire de développer son introduction (séquences A à B) en le dotant de besoins et d’objectifs plus précis, et donc de défauts qui le gêneront dans sa quête (le rendre plus ou moins généreux, avare, jaloux, indifférent, vieux, jeune, riche, pauvre etc…). Nécessité également d’augmenter les conflits, en particulier avec le personnage C, en veillant à les faire monter en intensité. De plus, les scènes D, E et F sont inutiles car ne font avancer ni le récit, ni l’arc narratif du personnage. »

Enfin, si ces recommandations sont jugées pertinentes par l’auteur mais que leur mise en œuvre s’avère encore problématique, il est alors temps d’envisager une collaboration pour une réécriture. Il s’agit alors d’un travail plus complet, qui demande un tout autre investissement dont les termes et conditions sont à étudier au cas par cas.

 

A qui est-ce utile?

En fonction des objectifs de chacun, la lecture et/ou le script-doctoring peuvent répondre aux besoins des professionnels, quel que soit leur niveau et l’avancée du projet :

le scénariste débutant qui rencontre des difficultés pour la mise en pratique de son savoir théorique, l’auteur confirmé en panne d’inspiration ou qui souhaite faire valider la qualité de son pitch, synopsis, traitement, séquencier ou continuité dialoguée,

le producteur qui ressent des manques et des faiblesses dans le scénario qu’il souhaite développer avec son auteur ou, au contraire, s’assurer que le scénario possède toutes les qualités pour conquérir diffuseurs et distributeurs.